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Couverture du roman Le Hamac et les Colibris, de Karine Baridon — une femme rousse allongée dans un hamac blanc sur fond turquoise, trois colibris de couleur au-dessus d'elle, et une comète traverse le ciel

Le Hamac et les Colibris. Roman de Karine BaridonChapitre 31 — “Ça” et Blanche-Neige — Au travail

Michel Audiard — Les Tontons flingueurs
Je suis contre les coups bas, sauf quand ils sont bien portés.

Pierre Desproges
La culture, c'est comme la confiture : moins on en a, plus on l'étale. Quand on s'en prend aux imbéciles, on est sûr d'avoir le nombre pour soi.


Au sommet de la pyramide, la ministraillon, le grand NOUS collectif personnifié. Petit chefaillon grisée de pouvoir, je la surnomme “Ça”, car elle déshumanise le travail, ne parle jamais en son nom propre, et impose sa monarchie féodale : “pour” ou “contre” NOUS. Si le pouvoir tend à corrompre, le pouvoir absolu, Ça le corrompt, absolument.

Ça — “C'est politique”. Son excuse passe-partout pour nourrir sa mégalomanie. Ça monopolise la parole en public pour garder le pouvoir. Ça adore s'écouter parler. Reine au milieu de ses sujets, Ça impose ses convictions personnelles, au nom du grand NOUS collectif. Les soumis ont le devoir de voter POUR ses décisions à guichets ouverts, sinon Ça rabaisse les rebelles publiquement, pour l'exemple.

Habile à promettre pour récolter des suffrages et obtenir d'autres avantages gratuits, Ça écume les cocktails pour prendre NOS parts de marché. Si un électeur lui demande un service, il doit d'abord payer une taxe, voter pour NOUS et NOUS rendre un service en premier. Alors, Ça va voir ce qu'elle peut faire… mais pour l'heure, Ça est pressée, elle doit partir immédiatement vers un autre cocktail où d'autres petits fours l'attendent, aux frais du collectif. Plus tard, à l'électeur tenace qui, au bout de 10 relances, attend toujours sa réponse, elle réplique, excédée par son insistance :

Ça — Désolée, “c'est politique”. Une mécanique bien huilée. Dans son ministraillon, Ça cultive la peur et fait pousser l'obéissance comme du chiendent. Ça engendre des pics de turnover par overdose de dictature. Dans les sous-sols, ses sous-fifres pimentent la rébellion. Quand les carottes sont cuites, Ça coupe les têtes des mauvaises herbes ! Non à la pollinisation ! Ça transforme les rebelles en pots de confiture. Chaque fruit mûr est cuit à petit feu, puis broyé pour qu'il n'en reste que le sucre, que Ça offre “au suivant !”. Un régal ! Avant, on avait la sorcière avec sa pomme, maintenant, on a la reine mère avec son pot de confiture. Le pouvoir, c'est comme le sucre, Ça rend addict.

Les Blanche-Neige, comme moi, Ça n'en fait qu'une bouchée. Bleue, naïve, crédule et apolitique, je n'ai ni les codes, ni les passe-droits. Je me suis toujours occupée des 7 nains, bénévolement ou presque, alors, toute contente d'avoir un travail qui contribue au collectif, j'ai bon espoir de le faire contre rétribution. Mes convictions changent vite quand je me rends compte de la dictature. Pragmatique et sans certitude d'être engagée à long terme, je me sécurise et garde mon travail à mon compte, en parallèle. Mais Ça ne peut le concevoir. La ministraillon se fait immédiatement son opinion.

Ça — Blanche-Neige est un espion ! Le loup dans la bergerie ! Elle joue un double jeu et va TOUT nous piquer pour le faire à son compte ! Preuve que nous ne pouvons pas lui faire confiance ! Puisque c'est comme ça, nous allons la noyer sous le travail et la condamner, pour haute trahison.

La ministraillon déteste les entrepreneurs, ces parvenus qui ne pensent qu'au profit, mais adore les utiliser, principe qu'elle applique à tous ses sous-fifres.

Ça — Nous ne ferons aucun compromis.

Les sous-fifres — Mais Majesté, Blanche-Neige fait des massages.

Ça — Mais non imbécile, c'est une couverture ! Il ne faut pas NOUS laisser avoir. Elle a plus de diplômes que NOUS tous réunis et ne va pas en rester là.

Ça est rancunière, elle n'oublie jamais une offense imaginaire, surtout quand Blanche-Neige n'a rien fait ! Elle projette sur Blanche-Neige, depuis qu'un entrepreneur, il y a 15 ans, l'a offensée dans son business, elle fait un transfert.

En politique, rien ne voyage plus vite qu'une idée reçue, en particulier si elle vient de la ministraillon en chef. Dans ce panier de crabes, Blanche-Neige est déjà accusée de haute trahison contre NOUS le collectif, avant même d'avoir pris ses fonctions et d'avoir mis un pied dans l'arène. On obéit aux ordres de la Reine-Mère, on s'exécute, on se la ferme et on garde son poste. C'est comme ça que Ça marche. Point. Alors si l'indétrônable Ça est parano, pas de bol pour Blanche-Neige ! Tant pis pour elle, tous aux abris !

La différence entre une réunion sympa et une séance plénière ? Sa Majesté Ça, de taille minuscule, exige que son titre précède son nom. Ça prend le micro, et s'écoute parler, se gargarise de sa voix de crécelle, qui larsen. Ça attaque fort, et règne en dictatrice au sommet du grand NOUS. Ça pense que tout NOUS est dû, et plante des couteaux dans le dos de NOS adversaires en toute impunité.

Ça politise le discours et le rend tellement abstrait que plus personne ne comprend rien. Ça valorise le grand NOUS collectif, astique NOTRE paravent cache-misère, pour renouveler NOS subventions. On dirait que NOUS avons chié une pendule, car nos actes sont tellement héroïques et glorieux que personne n'ose NOUS contester.

L'humilité ne fait pas partie de son vocabulaire ni de ses valeurs, on dirait que le mot même est synonyme de gros étron ! Ça s'attribue le mérite du travail des autres, et confond scrupule avec NOTRE grand sens du devoir. NOTRE devoir avec son pouvoir, NOS subventions avec son poste.

Ça ordonne à ses sous-fifres de réaliser NOS projets infaisables et voués à l'échec, pour se venger personnellement de l'entrepreneur qui l'aurait trahie il y a 15 ans, “c'est politique”. L'excuse préférée de Ça pour justifier ses erreurs. Déjà à l'époque, elle a refusé ses idées, alors, confronté à son mur de NON, il est allé les réaliser ailleurs avec succès. Traduction : il lui a piqué son marché, depuis elle lui en veut à vie. Zéro remise en question.

Ça décide, délègue et accuse ses sous-fifres, pour éviter que ses propres erreurs ne lui retombent dessus. Après tout, c'est à Ça que servent ses boucs émissaires. Et qui mieux que Blanche-Neige pour porter le chapeau ? Alors elle offre en sacrifice son pot de confiture pour continuer de régner. Ça se maintient au pouvoir en coupant les têtes, dès qu'elle imagine qu'on veut la détrôner. Ça est une mouche qui se prend pour un lion, mais qui agit comme une charogne. Elle en a fait virer 12 cette année, elle est en pleine progression !

Pour régner, Ça a besoin d'appuis, le sous-chefaillon et la sous-sous-chefaillon Iznogoud sont là pour Ça. En contrepartie, ils ont un poste à vie et des salaires qui compensent ceux des services civiques et des autres employés payés au lance-pierre, à qui ils délèguent le travail. Ces pauvres Shadoks n'ont rien à dire. Il ne manquerait plus qu'ils se plaignent !

C'est normal, c'est pour ne pas dépenser l'argent de NOS subventions. En réalité, Blanche-Neige a compris que NOUS répartissons les dépenses au profit de 3 postes, que les autres postes compensent : “c'est politique”. C'est comme ça que Ça marche, on bosse pour avoir des subventions qui justifient les postes stables, et les Shadoks pompaient, pompaient, mieux vaut leur cerveau bien plein que leur portefeuille, et les Shadoks seront bien gardés.

Blanche-Neige est naïve mais pas dupe… et se demande vraiment combien de temps il lui reste avant de finir en pot de confiture ? Elle a quand même l'espoir que Ça ait une conscience… Mais c'est peut-être un peu trop demander ?

Et pendant ce temps au camping…

Je profite de la mauvaise humeur de mon Viking… qui me vire 3 fois de son drak-car (et encore, je suis polie), parce que je travaille trop, que je le délaisse, qu'il en a marre de moi, que je parle 3 minutes de trop à son ami… J'ai arrêté de compter ses raisons bidons.

Et comme il a très bien dressé son Big Dog, qui lui obéit au doigt et à l'œil, il ne comprend vraiment pas pourquoi je ne suis pas aussi douée que lui ? Et en conclut que c'est parce que je manque d'amour inconditionnel… d'après lui.

Lui (ton rude) — Je t'aime… mais sors de mon drak-car. Pars. Va-t'en, loser ! Et reviens quand je t'appelle. Reviens ! Pars ! Allez hop, va chercher ! Ramène ! Good dog ! Je suis devenue sa locataire précaire de l'amour, avec un bail affectif à clause d'expulsion alternée. (2ᵉ round.) Après la montagne, il me rejoue le même disque. Ce qui prouve que j'ai bien fait de résister à la guerre d'usure, cet hiver…

Entre Ça d'un côté et le Viking de l'autre, j'aurais dû dire NON plus tôt dans ma vie, quand mes parents n'étaient pas d'accord à table… j'aurais dû me lever et partir dans ma chambre, au lieu de rester à les supporter sans rien dire…

Ça m'aurait évité de me retrouver trop souvent coincée entre 2 autoritaires agressifs, pour un rétroviseur, un ego blessé, un problème de trahison et d'humiliation non réglés. Ils me cassent tous les pieds avec leurs sales caractères, et moi je suis trop douce pour le blizzard, je deviens aigrie à force de me taire et d'encaisser. Je sens que ça ne va pas durer longtemps, cette histoire, y'a pas marqué batterie illimitée !

Gros projet, gros enjeux, gros contrat à la clé.

3 mois de boulot. Je finalise ma négociation. On est sur le point de signer.

DRRRRIIINNG Papa.

Moi — Veuillez m'excuser, une urgence…

Papa — Ah enfin mon amour ! Pourquoi tu ne réponds pas, tout va bien ma chérie ? Faut t'accrocher ! À ton âge, tu as eu beaucoup de chance de trouver ce poste ! C'est des irresponsables, mais si tu tiens, ça ira mieux après, tu vas finir par y arriver.

Maman — Moi je n'y crois pas du tout, depuis le début je ne les sens pas, c'est du grand n'importe quoi ! Déjà, ce n'est pas normal qu'ils partent en vacances et te donnent un bilan financier à construire et valider au bout d'1 semaine, sans t'expliquer ce qu'il en est. Tu travailles sur un logiciel qui ne marche pas, et toutes les heures sup que tu fais. Ce n'est pas bon, tout ça, ça ne me dit rien qui vaille. Mais bon, tu es têtue, tu t'accroches, mais tu t'épuises ! Alors, tes clients ont dit quoi ?

Moi — Ce n'est pas le moment, ils sont encore là, je vous rappelle. Clic.

Je reviens vers mes clients.

Moi — Toutes mes excuses. C'était pour ajouter un peu de suspense dramatique. Désolée. C'est réglé.

Mes clients — En effet. Merci de nous avoir aidés à faire notre choix.

Moi — Je vous en prie, tout le plaisir était pour moi.

Mes clients — Nous avons choisi votre concurrent.

Moi — Oh ! Je comprends… et bien… toutes mes félicitations !

DRRRRIIINNG.

Maman — Alors, ma chérie, ça s'est bien passé ?

Moi — Brillant ! En 1 sonnerie, j'ai perdu mon contrat. 1 record !

Maman — Mais pourquoi tu n'éteins pas ton téléphone ?

Moi — Parce que des techniciens de James Bond ont trafiqué mon portable pour qu'il sonne en cas d'alerte parentale. Merci pour votre soutien stratégique… Mais non, je sais que ce n'est pas de votre faute, c'est juste que je n'ai pas assez dormi, je voulais que tout soit parfait, j'ai pensé à tout, sauf à mettre le téléphone en silencieux.

Papa — Écoute ton vieux père, ma chérie, la dernière des affaires n'est pas faite ! Crois-moi ! Et tu sais que tu peux toujours compter sur nous !

Moi — Mektoub. Tu as raison, ça me rassure.

Papa — Ne t'en fais pas, va, ma chérie, nous avec ta mère, on sera toujours là pour toi mon amour, la famille, c'est sacré !

Maman — Bon, y'a plus grave dans la vie ma chérie, tu veux la recette de ma coca ?

Moi — Comment résister ? Y'a pas meilleur au monde que ta coca !

Maman — Viens manger à la maison ce soir, plutôt que d'aller au camping !

Papa — Oui, on va discuter, ça te changera les idées.

Moi — D'accord, à ce soir, merci pour votre soutien !

Maman — Je vais te faire 1 coca, comme ça tu pourras en emporter pour ton Viking, je sais qu'il l'aime !

Dimanche c'est Show !

Le journaliste — Pourquoi elle s'accroche à son travail ?

L'auteure — Oh, c'est une femme très, très hésitante, qui pour faire plaisir à son Viking, et répondre à sa demande d'aller le voir plus souvent, quitte son travail à son compte, depuis 20 ans, pour se retrouver un boulot de salariée avec un salaire fixe. Mauvais calcul.

Elle se fait virer par le patron à la montagne qui abuse et exploite les saisonniers. Et le Viking la vire de son drak-car car il s'est fait humilier. Alors elle cherche un autre travail pendant 6 mois, elle en trouve un pendant l'été, et se dit qu'elle n'a pas envie de refaire la stupid French woman. Et sa patronne, qu'elle surnomme Ça, lui dit : non, non, tu feras beaucoup mieux ! — Alors elle dit d'accord !… et elle refait exactement la même chose dans son nouveau travail. Elle en fait beaucoup trop, ne pose pas ses limites, personne ne l'écoute quand elle dit non, trime pour ne pas perdre son travail, et ça recommence.

Ensuite, le Viking a pensé que je devais forcément jouer ce rôle, dans un film tiré du roman. Mais je ne voulais pas, encore et encore, rejouer ce même personnage de la princesse “oui-oui”, pour ne pas être crucifiée ! Mais la Hache m'a tordu le doigt, et m'a menacée de le couper, alors docile, j'ai joué le personnage de la clumsy stupid French woman, qui ne dort jamais, et s'épuise, alors qui s'accroche à son humour pour ne pas pleurer.

Mais cette fois, j'ai exigé mon hamac, pour regarder mes colibris entre les prises, car j'ai appris à dire non entre-temps, pour me protéger et préserver ma paix, c'est sacré !

Le journaliste — Tu fais dans la satire sociale. Tu t'attaques au pouvoir tyrannique ?

L'auteure — Disons plutôt que j'ai transformé ma peur en humour. “La démocratie est le pire des régimes, à l'exception de tous les autres”, disait Coluche. Ça m'impose sa vision tellement binaire qu'on dirait un interrupteur. Le narcissisme politique qui se drogue au pouvoir et cache ses intérêts personnels en sacrifiant des humains en pot de confiture… ça m'écœure. Vu l'histoire familiale, faut vraiment couper la répétition du bouc émissaire.

Le journaliste — C'est l'individu qui fait de la résistance passive, face au pouvoir collectif instrumentalisé ?

L'auteure — Disons que j'ai juste fait un grand reset, alors je réplique… mais avec un léger décalage horaire. Faut dire que depuis qu'elle m'a balancée du haut de son grand pouvoir par la portière de son avion, j'ai mis mon parachute et mon masque à oxygène, et j'en ai ri de loin, plus librement. Alors je réponds par ma plume, en décalé : non au pouvoir corrompu, merci, très peu pour moi !

Le journaliste — Et tu fais quoi maintenant ?

L'auteure — J'écris des vannes où je dénonce l'abus, dans mon roman satirique. Je tiens à ma vie sociale. L'humour et la créativité sont mon kit de survie pour prendre du recul et garder une certaine distance lucide. Je transforme l'absurde en création. C'est ma séance de thérapie gratuite pour dire non. J'espère toucher le lecteur qui se sentira moins seul. Priorité au bonheur ! Ma santé d'abord ! On ne peut pas être plus heureux que le bonheur ! Je me contente de ce que je fais : marcher, danser, masser, respirer, yoga, manger chaud, et je profite de mes liens sacrés : de la vie, de mes proches, famille, amis, et je crée. Enfin, en théorie, c'est ce que j'aimerais : regarder les colibris dans mon hamac. Mais en pratique, j'ai plutôt passé des mois à écrire, les fesses vissées sur une chaise.

Le Viking — L'espoir fait vivre, stupid French woman, avec le nombre d'ennemis puissants que tu t'es faits en un seul petit bouquin, tu pourrais te retrouver direct à la case prison du Monopoly.

L'auteure — Merci pour ton soutien, j'ai des ennemis pour ça !

Le Viking — Je n'y suis pour rien, moi, je constate, c'est tout ! Tu fais tout à l'envers du bon sens ! Sois charmante et dis non, au lieu de tout accepter et de dénoncer le pot aux roses après coup. Tu vas encore te faire taper sur les doigts, après faut pas t'étonner d'être le bouc émissaire du conseil de discipline qui t'a amenée direct au burn-out.

L'auteure — Sois charmante et dis NON ! J'adore ! Ça ferait un super sous-titre pour mon bouquin ! Merci pour ta contribution !

Le Viking — De rien, ça te coûtera 50 % des ventes. Vu que sans le Viking il n'y aurait pas de bouquin, et que j'ai trouvé le titre, j'estime que c'est un minimum.

L'auteure — Compte là-dessus et bois de l'eau. Vu que j'ai créé ton personnage, et si je prends une gomme je t'efface, comme la Linea, alors ne la ramène pas trop quand même ! Tu n'as rien écrit et tu ne lis même pas de roman, alors tu n'as rien à négocier. Je protège ma liberté de créer, comme une louve ses petits. J'ai pas envie d'être récupérée par ton sens des affaires légendaire. Je ne pourrais pas créer comme je veux si je devais suivre tes règles !

Et je ne collabore qu'avec des gens qui veulent jouer et créer avec moi, qui sont touchés, pas avec ceux qui me demandent de suivre leur plan foireux pour faire du bénéfice. Je ne suis plus le copié-collé de tes désirs. Non aux conditions générales abusives, aux abonnements d'essai, aux locations précaires, et aux cartes de fidélité au chaos. Adieu au contrôle Big Brother ! Fini les escape games où le but du jeu est de te survivre, pour te prouver que je t'aime. Je ne suis pas Big Dog.

Tu as raté le train. J'ai changé de destination. Je vais créer ailleurs. Je ne sais pas où je vais, mais ce que je sais, c'est que je vais le découvrir par moi-même, et c'est tout l'intérêt ! Je n'ai pas envie de suivre ta piste au coupe-coupe. Je suis libre, alors je crée ma propre route et ça me va très bien comme ça, je fais de belles rencontres, et je me repose à l'ombre des palmiers.

J'ai mis à jour mon système d'exploitation, avec ma nouvelle version 2.0, bug affectif corrigé, limite installée, respect obligatoire. Je n'ai plus peur de perdre le lien ! Vu qu'il est déjà coupé. Au travail, même saga. J'ai enlevé les boutons : accepter tous les cookies, stage non rémunéré 24/7 jusqu'à l'âge de la retraite, et tout doit disparaître, surtout moi. Fini tout ça ! Depuis que j'ai sauté sur vos mines antipersonnel, à votre place, c'est plus simple : maintenant je “me” choisis, je m'écoute, j'écris et je trace ma route. Merci pour ta contribution !

Et surtout, depuis mon grand reset, je m'autorise enfin à me reposer. Le pied ! Je me suis pris un hamac en fibre de parachute, qui se range dans mon sac, et que j'emporte partout avec moi. C'est le top du top, imperméable, avec moustiquaire intégrée, je l'ai pris en version XXL, convertible hiver/été, tu adorerais !

Le Viking — Ça c'est ce que tu aimerais, mais dans les faits, depuis quand tu ne t'es pas aérée et retrouvé tes amis ? Change l'air de ton appart, sinon tu vas finir asphyxiée dans ton gaz carbonique !

L'auteure — J'avoue, tu m'as prise en flag, je me mens à moi-même. Ok je m'engage envers moi à renforcer ma santé, me reposer, m'aérer, et créer des liens sains cette année. Top là !

Le Viking — Buvons une bière pour fêter ça !