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Couverture du roman Le Hamac et les Colibris, de Karine Baridon — une femme rousse allongée dans un hamac blanc sur fond turquoise, trois colibris de couleur au-dessus d'elle, et une comète traverse le ciel

Le Hamac et les Colibris. Roman de Karine BaridonChapitre 47 — Ma plume, c'est mon Non

Romain Rolland
Il n'y a qu'un héroïsme au monde, c'est de voir le monde tel qu'il est, et de l'aimer.

The Muppet's Show
Life's like a movie. Write your own ending. Forget the map, roll down the windows, and whenever you can, pull over and have a picnic with a pig.


Allongée dans mon hamac, je regarde les colibris. Je me balance doucement au rythme de ma respiration. Le jardin vibre de vie. Les oiseaux surgissent, disparaissent, reviennent, rapides et colorés. Les abeilles butinent, la lumière filtre à travers les feuilles, le soleil réchauffe ma peau. Sur mes genoux, un carnet ouvert. J'écris la fin de mon roman.

Je n'ai pas changé de nature. J'ai changé de regard. J'ai vu mes nuances, mes silences, ce qui me retenait immobile quand il aurait fallu dire non. Alors j'ai lâché : les liens qui vidaient, les peurs héritées, les scénarios de survie. Je suis revenue au réel.

Ma force n'a jamais été d'attaquer. Elle a été d'en rire, de créer, de répondre en décalé à ce qui voulait me figer. Ma plume, c'est mon non. Un non tranquille, vivant, qui protège la paix. Pas contre les autres, pour moi.

J'ai retrouvé mon hamac, ma paix intérieure, mon refuge anti-pathos, un cœur peuplé de rires, de musique et de colibris, les miens et ceux des autres. Ce roman est le chemin que j'ai parcouru pour m'aimer, authentique, vulnérable, humaine. Quitte à m'inspirer, à remixer, à détourner… autant signer de mon Non.

J'ai dansé avec le Viking. Maintenant, je danse avec la vie. Quand j'ai commencé à écrire, je ne savais pas où j'allais. J'ai avancé à tâtons. Les idées sont venues comme des étoiles, une à une, sans plan. Ce n'est qu'à la fin que tout s'est assemblé.

J'ai compris alors que m'enfermer pour écrire avait été un réflexe de survie. Dire non aussi. Utiles un temps, mais ce n'était pas vivre. Alors, j'ai choisi de lâcher prise, enfin. Le livre a trouvé sa forme. Moi, ma paix.

Je peux maintenant relâcher cet animal sauvage dans le monde, libre de rencontrer ses lecteurs. Je crée pour vivre, sortir de la bulle, retourner dans la vie. Maintenant… je vais m'aérer sur la Presqu'île du Sel, face à l'Île du Croco. Absorber l'énergie du soleil, de la mer, du vent. La vie. En paix.

Mon livre devient un terrain de jeu, une porte ouverte, jamais une injonction. Les lecteurs peuvent écrire, détourner, inventer, imaginer : des titres, des scènes, des images, des musiques, des films intérieurs. Mon livre ne s'arrête pas à la dernière page. Je referme mon carnet. Je souris. La suite commence maintenant.

Dimanche c'est Show !

L'auteure — À l'époque, je faisais tout pour garder le lien, mais dès que j'ai accepté de le couper car il me vidait… je me suis retrouvée. C'était si simple !

Le journaliste — Qu'est-ce que “le Prix de l'Âme et du Sourire” ?

L'auteure — J'ai créé ce prix pour honorer le personnage de fiction à la fois drôle et profond. Le Viking a apprécié l'idée !

Le journaliste — C'est vrai que le Viking a ses chances ! Il a établi la norme pour un certain type de personnage principal qui combine à la fois une beauté irrésistible, un style fringant, et un don pour la comédie et le drame sans effort. De nombreux personnages ont essayé de suivre ses traces, mais ce Viking est en bonne voie de gagner…

L'auteure — Il t'a payé, n'est-ce pas ? Je m'en doutais ! Tout le monde peut créer son personnage. Alors à vous de jouer, allez-y, ne vous bridez pas (la galerie des créateurs).

Le Viking — C'est tout l'intérêt, et on peut l'étendre à tous les arts : cinéma, théâtre, dessins animés, BD, marionnettes…

Le journaliste — Et maintenant, quels sont tes projets ?

L'auteure — J'ai fait un brainstorming intérieur avec le Viking, le journaliste et moi. Ça donne des pistes.

Le Viking — Mouais… Sans équipage, sans drakkar et sans expérience des tempêtes, tu ne vas pas aller très loin…

L'auteure — Un livre numérique, avec des surprises à cliquer. Un livre audio que je lis, à écouter en marchant, en cuisinant, en se brossant les dents. Un livre de poche, petit, vivant, qu'on peut corner, surligner, caresser.

Le Viking — Celui-là, je pourrai l'utiliser pour allumer mes feux de cheminée.

L'auteure — Publier le livre, en auto-édition ou avec une maison. En France, en Angleterre. Le traduire. Jouer avec l'humour d'ailleurs. Proposer des ateliers d'écriture pour ceux qui veulent inventer, détourner, rire ensemble.

Le Viking — Pendant ce temps, moi je continue à bricoler sur mon drakkar.

Le journaliste — Et à plus long terme ?

L'auteure — Là, on rêve un peu plus grand. Un podcast pour parler des idées autrement. Un livre audio à plusieurs voix. Un beau livre, avec des dessins, des peintures, peut-être ceux de ma mère. Une BD. Un coffret lampe en instrument de musique.

Le Viking — Fais gaffe de ne pas t'électrocuter. Tu risques d'inventer une lampe qui fait de la musique et un drakkar lumineux.

L'auteure — Un jeu de cartes pour inventer des histoires. Un album de musique collaboratif sur chaque chapitre du livre. Un disque vinyle.

Le journaliste — Et tes rêves XXL ?

L'auteure — Un one-woman show. Un spectacle collaboratif. Des artistes sur scène. Le public qui participe. Musique, images, chaos joyeux.

Le Viking — Avec moi, ça va être show patate ! Distribue les lunettes de soleil. Ils vont tous bronzer.

L'auteure — Un espace en ligne pour partager ses créations. Une plateforme vivante, ouverte, évolutive. Un écosystème créatif. Un terrain de jeu où chacun peut entrer.

Le journaliste — On sent le potentiel.

L'auteure — Le rêve reste ouvert.

Le Viking — Tu peux toujours rêver !

Le journaliste — Et ça donne envie de participer.

L'auteure — Chacun peut devenir créateur.

Le journaliste — Merci au Viking et à Coraline Goldman pour votre bonne humeur. Merci au public. Et à dimanche prochain pour un autre… Dimanche c'est Show !

L'auteure — Merci.

Le Viking — Merci.

Le journaliste — Sur le générique de fin, on termine par…

L'interview de Bernard Pivot

Gianni Rodari Il suffit d'un mot mal rangé pour qu'une histoire commence à pousser.

Le journaliste — Ton mot préféré ? L'auteure — Éclat de rire.

— Ton mot détesté ? — Montagne.

— Ce qui t'excite ? — Rire de tout.

— Ce qui te rebute ? — Tout prendre au sérieux.

— Le son que tu aimes ? — Rire ensemble.

— Celui que tu détestes ? — Un “monolong”.

— Tes mots fétiches ? — Tchoutchourit. Tchaffé. Magna Magna.

— Ton gros mot préféré ? — Ennuyeux… merdant.

— Une autre profession que tu aimerais essayer ? — Danseuse ou musicienne. Jacobine Collière bis.

— Une profession que tu refuserais absolument ? — Obéir à un chefaillon qui me paye mal et me prend pour son bouc. J'ai changé de registre.

— Si le paradis existe, qu'aimerais-tu que Dieu te dise ? — On danse ?