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Couverture du roman Le Hamac et les Colibris, de Karine Baridon — une femme rousse allongée dans un hamac blanc sur fond turquoise, trois colibris de couleur au-dessus d'elle, et une comète traverse le ciel

Le Hamac et les Colibris. Roman de Karine BaridonChapitre 46 — À vous de jouer

Place à vos scénarios. Le concert sur le bateau (écrit par un lecteur)


Les Landes. La pluie.

Je marche sous un ciel bas, immense, détrempé. Les gouttes claquent comme si elles avaient pris des cours de batterie.

Moi (blasée) — Sérieusement ? À chaque fois ?

Je m'abrite sous un arbre qui ne protège pas, regarde mon téléphone : pas de réseau. Google Maps me renvoie au Moyen Âge. Une voiture passe trop vite. Douche gratuite.

Moi — Bah oui… je marche sur l'eau. Je ris. Absurde.

Pendant ce temps, à 500 mètres de moi à vol d'oiseau, le Viking, sur son bateau amarré à la bouée à 300 mètres, hésite à partir.

Le pub

Dégoulinante, tout le monde me regarde.

Le serveur — Vous avez nagé ?

Moi — Non. J'ai marché dans un nuage.

Un homme calme, doux, me tend une serviette et un chocolat chaud.

Lui — Vous allez attraper froid.

Je serre la tasse — Merci.

On s'installe près du poêle. Simple. Tranquille.

Je le regarde mieux. J'ai attrapé le gros lot : chaleur humaine, regard doux, sourire sincère. Il me fait penser à quelqu'un d'étrangement familier. Ah… ça y est. Il ressemble trait pour trait à Jay Ryan, l'acteur qui joue Alistair dans North of North. Même regard, même présence rassurante. Gloups.

Lui — Il y a un concert sur l'eau ce soir, ça vous dit de venir avec moi en bateau ?

Je souris — Sur l'eau ? Pourquoi pas !

Pendant ce temps, le Viking s'arrête devant la porte du pub. Mais avant, il doit aller chercher des bières pour le concert. Il repart. Timing parfait : on ne se voit pas.

Le concert

On arrive en bateau au milieu de la mer. Un drakkar-live flotte entre les vagues, ancré aux quatre vents. Des instruments accrochés aux cordages, des percussions bricolées avec des seaux. C'est un bateau-orchestre, littéralement. On monte à bord.

Et là, je le vois.

Le Viking (fier) — Wahou, c'est toi !

Moi — Salut ! Ça faisait longtemps.

Le Viking — Trop longtemps. Tu es venue avec… ?

Moi — Un ami. Et toi, ta femme n'est pas là ?

Le Viking (sourit) — Elle arrive plus tard. Elle déteste l'eau froide.

On rit. Tout est simple. Léger. Apaisé.

Je regarde les instruments — C'est un bateau-orchestre ?

Le Viking — Tout est prêt pour le concert. J'ai toujours rêvé de jouer du saxophone dans la tempête.

Moi (ironique) — Les spectateurs arrivent à tenir debout sur ce navire ?

Le Viking — Ils flottent avec le groove. Beaucoup sont sur leurs bateaux amarrés tout autour.

Il désigne la baie. Des centaines de bateaux forment un cercle flottant. Les gens boivent, rient, attendent le concert.

Le Viking — J'ai 3 sirènes XXL en haut du mât qui font haut-parleur, ça va envoyer du lourd !

Le Viking — On commence avec un morceau de mon invention : le tambour marin.

Moi (ironique) — Ça va être discret…

Il frappe une énorme demi-sphère flottante, attachée aux flotteurs. Le son claque comme le tonnerre. L'onde se propage dans toutes les directions, à travers l'eau. Les dauphins sautent. Les poissons fuient en dessinant des rayons de soleil sous la surface.

Moi — Faut reconnaître, le demi-dieu assure. Je ris — D'accord, ça réveille.

Le Viking — Prochaine chanson : Danse avec le Viking !

Moi (souriant) — Pas mal comme titre.

Les spectateurs rient, applaudissent. Le bateau tangue. La musique monte. Le saxophone résonne entre les vagues. Je danse sur le pont, pieds nus, trempée, légère.

J'ai dansé avec le Viking. Maintenant, je danse avec la vie. Alistair me sourit. Il a la même bienveillance que Saint-Exupéry. Calme profond. Humour léger.

Quelques mois plus tard… Août. Les étoiles filantes.

Allongée dans mon hamac, la nuit est tombée. Les étoiles filantes traversent le ciel comme des idées trop rapides. Alistair, que j'ai surnommé Saint-Exupéry, connaît les secrets du ciel et les partage en murmurant des blagues absurdes.

Je me blottis contre lui. Chaque souffle est une caresse. Le hamac tangue doucement. On rit. 2 explorateurs sur un bateau, entourés d'étoiles pressées. On envoie nos vœux.

Lui — Que le vent nous porte.

Moi — Que les étoiles nous guident.

Lui — Et qu'on continue à rire comme ça.

L'air sent la mer, la magie. On est bien. Immobiles et en mouvement, en équilibre parfait. Je fonds… Kiss…

Dimanche c'est Show !

Le journaliste — Alors, ce n'est pas une blague ? Tu fais vraiment participer les lecteurs !

L'auteure — Pour la promo, j'organise des ateliers d'écriture. On s'amuse tous ensemble.

Le journaliste — Tu leur fais quoi exactement ?

L'auteure — On commence par l'humeur du jour. Puis chacun balance des mots au hasard, on les mélange, et on écrit sans savoir où ça va nous mener. Je m'inspire de Gianni Rodari. C'est comme marcher sur une corde raide… avec le Viking qui la balance dans tous les sens.

Le Viking (fier) — J'ajoute du piquant. Sinon c'est ennuyeux.

L'auteure — On mélange 2 mots et hop : faire du trampoline sur un nuage. Ou lui, c'est plutôt : faire du catamaran à foil avec des saxos en feu.

Le Viking — Je ne fais rien à moitié.

L'auteure — On raconte un moment de chaos pour en rire. Le groupe découvre en faisant. On rigole de nos ratages et de nos éclairs de génie. L'important, c'est le chemin.

Le Viking — Et parfois, on pleure de rire. Nuance.

Le journaliste — Donc ce qui touche, c'est le processus humain ?

L'auteure — Exact. Moi je tombe dans tous les pièges. Mais avec l'humour, tout le monde se reconnaît.

Le Viking — C'est vrai que tu es tellement clumsy.

L'auteure — Merci. J'apprécie.

Le journaliste — Est-ce que tu as des règles ?

L'auteure — Aucune. Mais j'ai des principes : protéger ma liberté, me valider moi-même, ne pas chercher à plaire. Je laisse venir les idées sans m'autocensurer.

Le Viking — La Hache est là pour contrôler !

L'auteure — Dans tes rêves. Je ne peux pas créer sous contrôle. Il faut lâcher du lest.

Le Viking — Rien de tel qu'un demi-dieu pour un spectacle intense !

L'auteure — Surtout s'il reste dans les coulisses.

Le journaliste — C'est quoi le succès pour toi ?

L'auteure — Combien de personnes se sentent touchées, inspirées, vues. L'argent permet d'être libre, de ne pas rester coincée dans un drakkar… Mais le moteur, c'est l'émotion. Si le lecteur rit, se sent moins seul : bingo. Me faire rire toute seule calme mon anxiété. C'est vital.

Le Viking — Chaque chaos renforce l'émotion !

L'auteure — Faire rire, réfléchir, créer l'envie… ça vaut tous les Vikings du monde.

Le Viking — Je note que je suis quantifiable.

Le journaliste — Question politique : droite, gauche, ou cocktail ?

L'auteure — Je ne crois pas aux gros egos qui se battent pour le pouvoir. Ce qui compte : agir et faire du bien. Sans en faire tout un plat.

Le Viking — Tu refuses les duels pour le trône ?

L'auteure — Complètement. Un sage a dit : battez-vous 5 minutes, puis ramassez vos morts. Vous verrez qu'il y a autant de deuil des deux côtés.

Le Viking — Tu brandis ta plume comme Don Quichotte.

L'auteure — Je transforme les abus de pouvoir en personnages de livre. Pas en partenaires de vie.

Le Viking — Et moi, je suis dans quelle catégorie ?

L'auteure — Personnage principal. Hélas.

Le journaliste — Le chevalier à l'ego XXL ?

L'auteure — Non merci. Je me défends avec ma plume. Vive la liberté d'expression.

Le Viking — Ta plume t'encre !

L'auteure — Oui. Ma plume me fait rire, me défend, me libère.

Le Viking — Je suis donc une thérapie ambulante.

L'auteure — Avec options drakkar et saxophone.

Le journaliste — Et si on ne te respecte pas ?

L'auteure — Je recadre, et je pars. Sans rancune. On ne peut pas plaire à tout le monde. Depuis que j'ai appris à dire non, je me plais surtout à moi-même.

Le Viking — Seule avec toi-même ? La schizo !

L'auteure — Autonome. L'humour me tient compagnie.

Le Viking — Et moi, je compte pour du beurre ?

L'auteure — Du beurre salé. Ça relève le goût.

Le journaliste — Tu peux dire que ton livre a le mérite d'exister !

L'auteure — Wahou, oui ! Après des tempêtes. J'ai tout traversé : colère, peur, tristesse, humour. Je suis passée de “je subis” à “je joue”.

Le Viking — Moi, je la surveillais de loin.

L'auteure — Avec des jumelles et un saxophone.

Le journaliste — Et ce happy end ?

L'auteure — L'histoire d'amour ratée ne s'arrange pas. Désolée pour les com-rom. On ne se réconcilie pas. C'est justement ça la force. J'ai repris la narration.

Le Viking — Je confirme. Je suis toujours moi. Et elle va très bien.

L'auteure — Merci pour le certificat signé par un demi-dieu.

Le journaliste — Comment se termine le livre ?

L'auteure — Je ne suis plus coincée. Je repars avec mes ressources. J'expérimente, j'explore. Je ne me mets pas la pression. Ce n'est pas la fin. C'est le début d'une nouvelle aventure où j'invite le lecteur à créer avec moi. J'ouvre le champ des possibles. Maintenant, je joue.

Le Viking — Et moi, je reste en embuscade pour le tome 2.

L'auteure — Il n'y aura pas de tome 2.

Le Viking — On parie ?

L'auteure — Non. J'ai appris à dire non, tu te rappelles ?

Le Viking — Touché.

Le journaliste — Pourquoi fais-tu participer le lecteur ?

L'auteure — Parce que quand j'ai vu Jacob Collier faire chanter les spectateurs en chœur, je me suis dit : c'est ça que je veux faire, autoriser les gens à créer. Après, je n'impose rien, chacun fait ce qu'il veut !

Le journaliste — Tu proposes aux lecteurs qui en ont envie d'aider une pauvre auteure en manque d'inspiration. Ça s'appelle l'écriture collaborative. Qu'est-ce que c'est ?

L'auteure — Je leur propose de trouver un titre pour ce livre, d'écrire certaines scènes de leur propre invention, qu'ils peuvent publier sur une plateforme dédiée (lien vers une plateforme).

Laissez-vous aller, ça va bien se passer, amusez-vous. J'accepte les scènes absurdes, les personnages drôles, tout est bienvenu. Vous pouvez évidemment publier votre propre création sans culpabiliser, juste pour le plaisir. Je ne permettrai pas qu'on vous juge. Il n'y a pas de mal à se faire du bien.

Le Viking — Tu fais faire ton travail à tes lecteurs ! J'y crois pas ! Bonjour l'exploitation ! Quand on n'a pas de talent, on a des idées ! Tu es gonflée ! Alors va jusqu'au bout tant que tu y es !

L'auteure (aux lecteurs) — Et comme je ne parle pas le viking, si vous êtes des Vikings natifs, merci pour vos traductions (liens vers ma plateforme).

Le Viking — Ça ne marchera jamais !

L'auteure — Ne l'écoutez pas, ce n'est pas parce qu'il préfère la mécanique à l'écriture qu'il doit vous empêcher de vous amuser ! Alors si par hasard vous avez envie d'écrire une épitaphe, le petit tapis rouge, la petite phrase secrète qui donne des indices pour deviner ce qui va se passer dans le chapitre qui suit. Choisissez le chapitre de votre choix, et publiez vos pépites. Je vous remercie d'avance pour votre contribution.

Le journaliste — Quel est ton but en faisant ça ?

L'auteure — Ce qui m'inspire, c'est de créer et de partager ce que j'ai écrit. Si le lecteur est touché et s'amuse, pour moi c'est gagné ! Si lui aussi transforme ses peurs en rires, on sera plus nombreux à vivre en paix. Et j'aimerais qu'il s'autorise à créer sans se juger, qu'il ose explorer ses idées, créer son propre univers, et devenir lui-même créateur, ce serait le pompon !

Le journaliste — Quelles pépites peux-tu nous partager, pour l'aider à inventer des histoires ?

L'auteure — J'adore La Grammaire de l'imagination de Gianni Rodari, au départ elle était faite pour des enfants, mais les adultes sont de grands enfants ; ou Le Voyage du héros de Vogler.

Le Viking — Ben c'est pas gagné ! Il y a plus urgent dans la vie que de jouer avec “tes histoires à dormir debout” ! Je préfère largement bricoler en écoutant la radio.

L'auteure — Ah oui, “Radio-cata 24/24 7/7” ! C'est sûr, chacun son truc.