Le Hamac et les Colibris. Roman de Karine BaridonChapitre 27 — En manœuvres
Monty Python
Always look on the bright side of life.
Depuis cet hiver, l'eau a coulé sous les ponts. On s'est retrouvés pendant la trêve et on s'est rabibochés.
Enfin l'été ! Le Sud, les cigales, la dolce vita. Tout est prêt pour passer l'été à Palmeria. Mon chéri descend en drak-car. Je l'attends, tranquille dans mon hamac, en mode farniente. TODO VA BENE. Je commence un nouveau boulot. Ça valait le coup d'insister. J'ai loué mon appart. Je vais vivre avec lui au camping pendant deux mois.
“TOUUUUUUT.” Klaxon de paquebot. Mon Viking débarque du Bas-Nord avec son énorme drak-car. Un vaisseau spatial blanc crème de 12 mètres, auvent motorisé, rétros aussi larges que des ailes d'avion. Derrière, il tracte le Vol-vik, le vélo électrique sur la remorque, mais pas le catamaran, faute d'anneau pour l'amarrer.
Arrivé au camping, il doit garer son drak-car. Lui au volant. Moi au sol, pour l'aider à manœuvrer.
Moi (Bourvil, naïve, douce) — Tu crois que ça va passer ?
Lui (De Funès, horrifié, regard fixe sur le rétroviseur) — Ça ne passera jamais !!
Dès que je sens qu'il se tend et passe en manœuvre d'urgence, qu'il prend la situation trop au sérieux, mon réflexe : dédramatiser ! J'entends toujours des voix qui commentent dans ma tête : les planètes de mon thème natal et les dessins animés de mon enfance…
Taureau très calme, broutant l'herbe, je le regarde avec curiosité — Pas besoin de te mettre en colère… Respire.
Lui, Lion en vigilance extrême, qui rugit pour m'impressionner — L'important, c'est d'être efficace ! Pas d'être calme !
Vierge observatrice et perspicace, je pense — Au volant… avec peu de sommeil et un taux d'alcoolémie flou… très efficace !
Lui, le général von Klinkerhoffen dans Allô Allô !… hurle ses ordres d'un ton autoritaire et sans appel — Bouge !
Moi, Sagittaire exalté, en bon soldat de deuxième classe — À vos ordres, chef ! Mission d'urgence : j'installe le camp de base, chef !
Lui, en intervention tactique — Coupe l'arbre !
Moi, Sid le naïf dans L'Âge de glace, toute enthousiaste — Oui chef !
Lui, en mission flash — Casse le mur !
Moi, Sid à l'engagement immédiat, au grand cœur — Bien chef ! C'est fait, chef !
Lui, en commando express — Taille le grillage !
Moi, Bourvil héroïque. Je m'exécute — À vos ordres, chef ! C'est bon, chef !
Ma Vierge lucide pense — Sans formation. Sans bons réflexes. Tu risques de te couper le doigt !
Mon Capricorne pragmatique — Ah ben là… forcément… ça va marcher beaucoup moins bien !
Lui, Lion en intervention d'urgence, rugit — Accélère ! Le moteur ronfle. Je suis pressé. DIS-MOI SI ÇA PASSE !! Je recule ! T'es où ?! Je ne te vois PAS dans le rétro ! BOUGE !!
Moi — GO, GO, GO ! Vas-y, vas-y, vas-y !
Ma Balance se pose les questions et les réponses — T'as peur ? Oui. Mais courage ! Haut les cœurs ! Vive l'aventure !
Mon Sagittaire exalté — STOOOOOOOP !!! Mission accomplie, chef !
Trop fière. Pouce en l'air, coincée entre le mur et le pare-chocs arrière du drak-car…
Lui me regarde avec son sourire d'ange — Perfect ! Toujours aussi clumsy, my stupid French woman ! ❤️ Kiss
Dimanche c'est Show !
Le journaliste — Chose promise, chose due, parlons du film. Mais c'est ça qui est nul : tu n'es plus du tout “bizarre” maintenant, tu t'es rangé !
Le Viking — Si, je suis un monstre !
L'auteure — Vraiment ? Alors donne-moi 3 choses bizarres à ton sujet.
Le Viking — 3 seulement ? Tu me testes, là ?
L'auteure — Ouais, j'adore jouer avec toi, on a toujours été bons à ça.
Le Viking — C'est vrai que pour ça, on a réussi à ne pas tout gâcher.
L'auteure — Ok, on fait semblant, d'accord ?
Le Viking — Parfait. Alors allons-y pour 3 choses délicieusement bizarres à mon sujet.
Le Viking — 1 — Je veux tout gérer, je me prends pour un stratège. C'est parce que je suis fort et obsédé par le contrôle, et je crois que c'est ce que tu veux aussi… 2 — Je passe dix heures sur mes moteurs, mais je me plains comme un gosse dès que tu veux aller marcher ! 3 — Quand je panique, j'hurle de colère comme si j'avais perdu un bras. Mais je suis fier, je montre que je gère. Et j'avoue… je bois peut-être quelques bières au téléphone, parce que j'ai peur de faire des cauchemars, et que parler, ça donne soif !
L'auteure — Ok, à mon tour ! Alors, mes trois choses “bizarres” : 1 — Je ressens intensément les émotions des autres… et parfois, je me fais encore avoir : je crois que ce sont les miennes ! 2 — Mon corps capte les intentions cachées avant même que mon esprit n'en ait conscience. Si je l'écoute, je le sais. 3 — C'est pour ça que j'ai besoin de moments seule, dans la nature, pour rester lucide et claire et retrouver ma stabilité intérieure. Faut pas que je m'entoure de gens trop “drama queen” : ça brouille ma radio interne… trop compliqué !
Le journaliste — Il paraît que le Viking voulait être le réalisateur ?
L'auteure — Oui, comme d'habitude il voulait tout contrôler, mais j'ai réussi à l'en dissuader, il nous aurait mis une tête comme ça !
Je lui ai dit — Ah d'ailleurs je voulais te dire, j'ai parlé avec le producteur, ce sera moi la réalisatrice. Pour ne jamais t'entendre crier “Action”, je laisserai la caméra tourner et je dirai “Quand tu es prêt, go… et quand t'as fini, stop.”
Le Viking — J'adore ça !
L'auteure — J'en étais sûre ;)
Le Viking — Dommage, mais ce sera moi le réalisateur ! Je viens juste d'acheter un super haut-parleur pour mon catamaran et j'ai envie de le tester : il a la puissance de 10 sirènes de bateau XXL ! On l'entend à 10 miles !
L'auteure — Justement tu aboies tes ordres : alors quand tu dis ACTION ! On se croirait dans un film de guerre, c'est horrible ! Et avec ton haut-parleur, ce sera encore pire ! Non, rien que l'idée, c'est déjà insupportable ! Ça me fait l'effet d'une bombe ! Tu sais, c'est une juste petite scène intime entre nous, alors s'il te plaît, arrête de crier ACTION ! C'est simplement terrifiant !
Le Viking — Ah tu as raison, d'accord. Désolé. Désolé !
L'auteure — Mais tu recommences à hurler tes ordres comme si on était en train de se battre contre tes monstres marins en face des Terres Brûlées ! ACTION ! ACTION ! Tu ne peux pas t'arrêter ! Je vais avoir une crise cardiaque si tu continues. Il ne faut pas faire ça !
On sait qu'on va tous mourir ! Mais laisse-nous au moins le temps de vivre ! J'ai encore plein de choses à faire, j'ai pas le temps pour tes conneries ! Je veux regarder les colibris, allongée dans mon hamac.
Le Viking — … Dommage, je l'aimais bien moi, mon haut-parleur XXL !
L'auteure — C'est pour ça, laisse tomber ! Tu pourras t'en servir quand tu seras en mer, mais pas pour le film, c'est un huis clos où tout se passe dans un drak-car, pas besoin de hurler !
Allez s'il te plaît, je vais gérer la réal, d'accord ? Ça va bien se passer. Moi, je serai planquée derrière la caméra, je te laisserai jouer ton rôle, et toi tu seras la vedette, comme d'hab. Ça va aller. T'auras de la bière à volonté. T'inquiète.
Il a dit oui tout de suite ! Tout est dans le bon argument ! C'est pas possible, je refuse qu'il me dirige, me donne des ordres, me crie dessus, hurle comme une sirène et m'impose son rythme. Plus jamais ça !
Personne ne me contrôle et je ne contrôle personne. Je laisse chacun être libre et je le suis aussi. J'aime ma liberté de faire ce que je veux, comme je veux, alors, je laisse jouer sans que j'intervienne.
Le journaliste — Comment as-tu surmonté ton trac ?
L'auteure — Oh, je n'ai jamais cessé d'avoir peur de lui. Pas entièrement, mais en partie. Je ne sais pas pourquoi, peut-être parce qu'il est très grand ? Ou sûrement parce que le Roi Soleil se prend pour la star du système solaire ?
Le journaliste — Comment s'est passée l'audition ?
L'auteure — Le producteur a réussi à persuader le Viking, la plus grande star du système solaire, le demi-dieu, d'aller passer l'audition.
Le Viking — J'ai auditionné parmi mes potes vikings, qui étaient tous autour de moi. Quand je suis arrivé sur le plateau, la Hache a donné de la crème solaire à tout le monde. La réalisatrice avait l'air de m'apprécier. La Hache veillait au grain. Je crois que j'ai réussi à ne pas tout gâcher. Et finalement ils m'ont pris !
L'auteure — Il a été éblouissant ! On a dû mettre nos lunettes noires tellement il rayonnait, le producteur n'en revenait pas, il a pris un de ces coups de soleil, à la fin de son audition, il avait la marque des lunettes, et des mèches toutes blondes, c'était fou ! Alors là, il a été conquis ! Totalement convaincu ! Faut dire que le Roi Soleil n'a pas besoin de forcer, il rayonne déjà naturellement.
L'auteure — Je savais que tu étais un bon imitateur !
Le Viking — Merci… Le premier que j'ai imité, c'était mon prof de voile, monsieur Skip. Il était trop cool, il avait les mains calleuses et le visage buriné, il me disait — “Mon garçon, vous devriez prendre une douche !” et il virait de bord pour qu'une vague me mette la saucée ! Je l'adorais ! Ma mère le détestait parce que je ne me lavais qu'à l'eau de mer. Aujourd'hui encore, parfois, quand je suis en difficulté, je pars naviguer et je redeviens Mr Skip, c'est comme si j'étais… possédé ! Je rentre lessivé, mais avec les idées plus claires !
L'auteure — J'aurais bien aimé le connaître…
Le Viking — Mais il nous fallait 1 femme oui-oui qui devait encaisser. Mais on n'a pas trouvé. Les stars se battaient pour être ma partenaire, mais elles avaient du mal à interpréter le rôle de lavette. Alors j'ai dit : et pourquoi pas l'auteure ? Après tout, c'est elle qui l'a écrit, elle peut sûrement se révéler !
Mais elle n'était pas convaincue ! Du tout, du tout !
Le journaliste — Comment es-tu passée d'auteure… à comédienne ?
L'auteure — Oh mon Dieu, j'ai fait une liste de notes sur mon téléphone, de toutes les raisons pour ne pas accepter de rejouer encore ce rôle de stupid French woman clumsy avec le Viking !
Mais mes parents ont pris leur ton autoritaire et m'ont dit — Ne sois pas ridicule, tu y vas. Tu as besoin d'argent, on en a marre de payer pour toi. Alors Maman m'a fait m'habiller, et j'y suis allée.
Une partie de moi détestait revenir en arrière et résistait. Je me disais : ça va encore m'épuiser, cette histoire ! Faire la réal et l'actrice en même temps, je ne vais plus avoir de temps pour moi ! Je ne vais pas pouvoir dormir !
Alors j'ai dit, à 1 condition : je veux mon hamac ! Et ma sœur sera la co-réalisatrice, j'ai besoin de sa bonne humeur. C'est le seul moyen de me reposer entre les prises. Je refuse d'être exploitée pour jouer dans ce film. Sinon je vais encore m'épuiser, c'est non négociable : mon espace de repos et ma joie. C'était la première fois que je posais clairement ma limite, pour respecter mes besoins. Alors ils ont accepté, j'en ai bien peur.
Le Viking — Je lui ai dit : attends, je passe un coup de fil, j'ai appelé “la Hache”, et il lui a tordu le doigt, et elle a eu la gentillesse d'accepter le rôle. Et comme elle était un peu trop “elle”, on a gardé sa coupe de cheveux aérienne, et on lui a mis des robes d'été en plein hiver pour qu'elle ait l'air un peu absurde.
L'auteure — Au bout d'un moment, comme la Hache ne me lâchait pas, j'ai fini par me sentir plus à l'aise avec lui, ma mère lui gardait toujours du rab, il l'adorait !
Le Viking — Elle était brillante avec la Hache, ce mafieux très puissant dans ses magnifiques fourrures. Elle s'asseyait sur ses genoux, et lui disait…
L'auteure — La Hache, tu es immense, on dirait Jason Momoa ! Tiens, Maman m'a donné un petit cadeau pour toi, elle t'a gardé une part d'osso buco. Alors, maintenant qu'on se connaît bien, tu peux me le dire, qui te fait tes tresses ? Elles sont tellement plus réussies que ma coiffure aéro-bohème !
Le Viking — Ta nièce, Liliya, elle a des doigts de fée !
Liliya — Désolée Tata, pour toi je peux te faire qu'une petite tresse, t'as pas assez de matière ! Mais je peux te faire une perruque, j'en ai plein à te proposer.
Le journaliste — C'est vrai que ta coupe est assez… inimitable !
L'auteure — Mes cheveux ont leur liberté d'expression ! Ils sont tellement fins que je n'ai jamais pu les discipliner, ils se soulèvent à la moindre brise, alors imagine en pleine tempête viking ! Quand j'étais petite j'avais les cheveux longs. On est passées sous des fils électriques avec ma sœur, on aurait dit que j'avais mis les doigts dans une prise, j'avais la coupe d'Einstein, avec les cheveux longs, le soleil avec des rayons tout autour !
Le journaliste — Comment est-elle comme réalisatrice ?
Le Viking — Oh, elle ne me dirige pas. Elle parle très peu, vraiment. Elle est extraordinairement silencieuse ! Dès qu'elle s'approche un peu trop près de moi, “la Hache” renforce sa protection. C'est un caïd, il tisse des liens très facilement.
L'auteure — Ni le Viking, ni moi, ne pouvons être dirigés de trop près. Impossible ! Ça tuerait ma créativité ! Alors, je lui fais confiance. Je pense qu'avec un “mythe” aussi génial que lui, il peut être “Quinn”, je ne m'offusque pas du tout s'il change le texte, je le lui dis souvent d'ailleurs, surtout quand “la Hache” presse fort dans mon dos. — “S'il te plaît, ne t'inquiète pas, improvise.”
Et le soir, quand “la Hache” me raccompagne chez moi, j'appréhende toujours un peu que le répondeur m'annonce que j'ai été remplacée par une autre.
Le journaliste — Comment étaient les conditions de tournage ?
L'auteure — Froides ! On a tourné à Aurorelia dans un hôtel de glace ! Je me gelais dans mes vêtements d'été, alors entre les prises, on avait mis une fourrure dans mon hamac, on me donnait 1 couverture de survie, 1 bouillotte, des gants, 1 bonnet, et du thé chaud bien chaud, vraiment délicieux, j'en raffolais !
Le Viking — Tu m'étonnes, j'avais fait préparer des litres de grog ! Elle était pétée du matin au soir, tous les jours de tournage !
L'auteure — Et c'est maintenant que tu me le dis ?
Le Viking — Grâce à ça tu étais détendue, tu avais de belles joues roses, tu souriais tout le temps, et les poils de visage gelés, le résultat a été super crédible !
L'auteure — Les jeunes me demandaient parfois…
Les jeunes — Tu n'es pas inquiète de jouer le rôle d'une vieille fille chochotte et ménopausée ?
Ma nièce leur répondait…
Ma nièce — Pas du tout ! Y'en a beaucoup plus que l'on croit, ça existe partout !
L'auteure — Je confirme ! Je suis très contente de les représenter, c'est trop rare d'en voir au cinéma. Je veux dire des vraies, pas des refaites ! J'ai l'impression que c'est très controversé, tabou, caché, et d'être une rebelle !
Les jeunes — Ah ouais ! Trop stylée ! C'est vrai que mettre une femme de ton âge, avec ses rides et ses bourrelets à l'écran, c'est pas fréquent !
L'auteure — Mais ma sœur réalisatrice est aussi une quinqua, alors elle m'a dit :
Ma sœur — Sois fière, regarde Maman, elle crève l'écran ! J'espère bien qu'on sera aussi magnifiques qu'elle à 85 ans ! C'est une force de la nature ! Alors fuerza ! Et rappelle-toi de ce qu'elle nous dit toujours : “Quand tu avances, la peur recule !”
Maman — Ah ça c'est sûr, il n'est pas né celui qui va me faire reculer ! Vas-y ma chérie, nous on te soutient !
L'auteure — Alors, j'ai assumé, et ma sœur a su filmer la joie d'être authentique et la beauté profonde de la maturité. Ma nièce a fait tous les costumes des Vikings, les coiffures et la déco, elle est super douée, c'est dingue !
Mon père vérifiait que tout se passe bien. C'est une entreprise familiale de faire un film ! Mais on a l'habitude, chez nous c'est cinéma et publicité !
Le journaliste — Et ce n'était pas trop difficile de jouer cette scène avec toutes ces phrases à double sens et ces jeux de mots ?
Le Viking — Franchement, c'était hyper compliqué ! C'était comme jouer plusieurs voix dans ma tête ! Les paroles du script étaient toutes alambiquées, je disais tout et son contraire dans la même phrase, tout était emmêlé ! J'avoue que je manquais un peu de souffle. Alors les réalisatrices m'ont dit :
Nous — Écoute, tu as l'air lisse. On voudrait qu'il soit beaucoup plus assertif, et carrément plus foiré, si tu veux boire quelques bières pour casser le texte, fais-le !
Le Viking — Alors, par professionnalisme, j'ai appelé la Hache, pour prendre l'apéro, et après ça a roulé tout seul, à la fin je leur ai juste demandé :
Le Viking — Qu'est-ce que vous en pensez ?
Elles m'ont répondu — Absolument rien, tu étais parfait, voilà ! C'est dans la boîte ! Et elles sont parties ravies. Du coup on a fêté ça avec l'équipe. J'ai dit “C'est ma tournée !” et on a fini les bières en jouant de la musique !
Le journaliste — Dis-moi, tu n'es pas un peu schizophrène, à force de jouer tous les rôles dans ton roman ?
L'auteure — Si ! C'est terrible ! Je ne sais plus où donner de la tête !
Le Viking — C'est sûr ! Plus “mégalo” que toi tu meurs ! Ça c'est parce que tu n'as pas d'amis à force de rester enfermée à écrire, du coup tu t'inventes des vies, pour te distraire !
L'auteure — Si les gens savaient ! Je suis hyper sexy, collée au chauffage, enroulée dans ma couverture polaire, j'ai les yeux rouges à force de regarder l'écran, et quand je sors de mon histoire je me dis : Quoi ? Il est déjà 3 h 40 du matin ! Oh non, c'est pas vrai ! Je n'ai pas vu passer l'heure !
Le Viking — À ta place je ferais gaffe de ne pas m'y perdre quand même !
L'auteure — Tu as raison, tu sais que je vois même des personnages de dessins animés dans ma tête, qui jouent les voix off, la Linea, les Shadoks, Satanas et Diabolo, j'ai tout l'orchestre des Muppets qui chante, une vraie symphonie !
Le Viking — Ouais, je dirais plutôt une sacrée cacophonie ! Tu m'étonnes que tu sois seule ! Tu n'as pas besoin d'avoir de relations, t'as déjà tellement de monde dans ta tête !