Colibri, l'icone des fiches pratiques du Hamac et les Colibris

Pourquoi je me mets en colère pour des choses minuscules ?

Tu croyais avoir un caractère. Tu as une liste.

Trois ou quatre déclencheurs, pas trente. C'est une très bonne nouvelle.

La cléSavoir ce qui déclenche ta colère, pour cesser de la subir.

“Avant… je vivais comme en mission commando. Une casserole qui tombe ? Alerte rouge. Un texto qui tarde ? C'est la guerre froide.”

Chapitre 23 — Jazz côté sombre

Quand ça t'arrive

Une casserole tombe : alerte rouge. Un texto tarde : c'est la guerre froide. Ton voisin sort sa perceuse à 8 h et tu envisages des choses que la loi réprouve. Et après, tu te demandes ce qui t'a pris.

Pourquoi ta colère arrive avant toi

Le temps que la partie de ton cerveau qui sait qu'il s'agit d'une perceuse reçoive l'information, l'alarme a déjà sonné. Tu n'es pas en retard sur ta réaction : ta réaction est en avance sur toi. Et tant que ça reste dans ta tête, tu crois que le problème est le voisin.

La règle

On ne désamorce pas ce qu'on n'a pas nommé.

Comment tenir le carnet, en 4 gestes

  1. 3 colonnes. Le déclencheur, l'émotion, ce que tu as fait à la place.
  2. Écris le déclencheur précisément. Pas “il m'énerve”, mais “le bruit de la perceuse à 8 h”. Vague, ça ne se repère pas ; précis, tu le reconnaîtras la fois suivante.
  3. Donne-lui un nom de code. Opération Perceuse. Alerte Gobelet Renversé. Incident Chaussette Orpheline. Ce n'est pas de la décoration : quand ta colère porte un nom ridicule, elle devient un objet que tu regardes au lieu d'un état que tu subis.
  4. Relis au bout de 10 jours. Tu verras que ce sont toujours les mêmes déclencheurs. Trois, quatre, pas trente.

⚠ On parle d'une colère, pas de l'autre

Ceci vaut pour la colère qui part pour un oui ou pour un non et se décharge sur les autres. Pas pour la colère saine, celle qui te fait poser un stop et sortir d'une situation mauvaise. Celle-là, on ne la désamorce pas : on l'écoute.

Ce que ça change pour toi

Trois choses, et la troisième vaut le déplacement. Tu ne te fais plus surprendre, donc tu peux agir avant — prévenir, t'organiser autrement, sortir de la pièce. Et surtout tu découvres que le déclencheur t'appartient : tant que tu crois que c'est le voisin, tu n'as que deux options, l'éviter ou te fâcher.

Comment t'entraîner

Deux semaines, souvent moins. Tu ne montres ce carnet à personne : il ne sert pas de pièce à conviction. Au début tu noteras après coup ; le jour où tu te surprends à noter pendant, tu n'es déjà plus dedans.

À retenir

Je croyais avoir un caractère. J'avais une liste.

Tu te demandes

Ça ne va pas empirer, de noter mes colères ?

Non, c'est l'inverse qui se produit. Ce qui alimente une colère, c'est de la subir sans la comprendre. Écrite, elle perd son air de fatalité.

Combien de temps avant de voir quelque chose ?

Une dizaine de jours suffisent. C'est le nombre de répétitions qui fait apparaître le motif, pas la durée.

Et si mes déclencheurs sont des gens ?

Alors écris ce que ces gens font précisément, pas leur prénom. “Quand on décide à ma place” se travaille ; “ma sœur” ne se travaille pas.

Regarder les colibris

Regarder les colibris, c'est changer d'angle de vue.
C'est voir les choses sous tous les angles.
C'est accepter toutes les parts de nous-mêmes. Et celles des autres.
Et en rire.

Un colibri a toutes les couleurs. Nous aussi. Nos ombres et nos lumières.
Tu fais un pas de côté : le vert devient rose. Puis doré.
Rien n'a bougé, sauf toi.

À quoi sert une fiche pratique

À essayer un outil.
À changer d'angle de vue.
À rire d'un truc qui te pesait ce matin.

Ce qu'elle n'est pas

Ce n'est pas une thérapie.
Ce n'est pas un diagnostic.
Ce n'est pas un tribunal : on ne cherche pas de coupable.
Ce n'est pas un manuel de bonne conduite. Tu fais ce que tu veux.

Son but

Accepter qu'on est humain. Et faillible.
Nos parts d'ombre. Nos parts de lumière.
Dédramatiser, pour enlever les résistances.
Ne pas se juger. Ne pas juger les autres.
En rire. C'est plus efficace, et c'est plus rigolo.

Ici, on ne juge personne. Surtout pas toi.
On ne sait rien que tu ne saches pas. On a juste écrit des outils.

D'où viennent ces fiches

Elles n'ont pas été inventées. Elles sont sorties d'un roman, chapitre après chapitre — et dans l'ordre où je les ai apprises. Pas dans l'ordre logique : dans l'ordre où ça m'est tombé dessus.

Ce que ça donne, mis bout à bout :
Ne pas se laisser coincer entre deux.
Ne pas avoir à prouver sa valeur.
Comprendre l'autre sans porter ce qui lui appartient.
Repérer ce qui se répète.
Poser la limite, et la tenir.
Nommer la manœuvre, ça suffit à la désamorcer.
Sortir quand ceux qui jugent sont ceux qui accusent.
Écouter le corps, qui répond avant nous.
Trier ce qu'on garde.
Et enfin : choisir vers quoi on va.

Je n'ai vu cette logique qu'après coup, en relisant. C'est pour ça qu'elle tient : personne ne l'a dessinée à l'avance.

Si quelque chose te dépasse, va voir un professionnel. Une fiche, c'est un outil, pas un médecin.